Kant

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Philosophe prusso-allemand, le premier auteur, d'après Karl Popper a avoir osé s'exprimer dans un vocabulaire hermétique et presque totalement imperméable à l'entendement humain de toute personne normalement constituée. Il fut ainsi précurseur à bien d'autres auteurs ayant bâti par la suite leur succès avant tout sur l'utilisation d'un jargon ésotérique, tels que notamment Hegel ou Heidegger − n'en déplaise à ceux réticents pour y voir une parenté : peut-être n'est-elle pas dans le concept, mais en tout cas on ne peut contester qu'elle y soit dans ses modalités d'expression.

En dehors de l'invention, ou au moins de la popularisation de barbarismes effrayants (tels que : transcendantal, amphibologie, épigenèse, hylozoïsme, jugements synthétiques a priori, schématisme de l'imagination transcendantale, prolégomènes, phénoménologie, etc.) faisant tant le malheur de tout étudiant en philosophie normalement constitué (lorsqu'ils écrivent, les philosophes pensent-ils à ceux qui vont les étudier plus tard ?) que son bonheur (car la maîtrise de la complexité de la technicité d'une telle langue permet très vite de croire que la simple utilisation des mots suffit à penser), Kant est également le premier à avoir osé publier des ouvrages dont la plupart des phrases possèdent une syntaxe extrêmement vacillante, ce qui créa un important marché de la traduction et de l'exégèse de ces travaux, aucun commentateur ou traducteur n'étant prêt à quitter le champ de bataille du kantisme où s'affrontent les interprétations les plus diverses. Kant aura ainsi au moins permis d'une part de créer des emplois (même si la grande majorité de ces postes ne sont la plupart du temps possibles que par la grâce de fonds publics que l'on considère justement affectés), et d'autres part d'occuper une certaine partie de la population friande de tétrapilectomie en la détournant de voies qui auraient pu être davantage dangereuses pour la société. Le kantisme est un mal nécessaire.

On s'est longtemps interrogé sur les raisons qui auraient pu pousser Kant à exprimer sa pensée d'une manière si horrible. Karl Popper pensait que c'était parce qu'il avait peur de mourir, et que pour cela, il se pensait obligé d'accoucher de son œuvre dans les plus brefs délais, sacrifiant ainsi le style aux bénéfices d'impératifs éditoriaux. D'autres pensent que Kant, qui était bossu et avait un bras plus court que l'autre, avait des difficultés pour tenir la plume, ce qui rendait son écriture difficile. Mais une autre hypothèse, certainement la plus plausible de toutes, pose que Kant procéda pour l'écriture de son œuvre tout comme Montaigne pour les Essais ou Cicéron pour tous ses textes : non pas en les écrivant lui-même de sa propre main, mais en les dictant à un secrétaire. Or, dans le cas de Kant, ce secrétaire n'aurait pas pu être quelqu'un d'autre que son fidèle valet de chambre Lampe, avec qui il entretenait déjà des relations ambigües (certains jaloux les surnommaient « les deux fols de Koenigsberg »). Lampe était cependant connu pour souffrir d'une légère déficience mentale, d'un léger retard cognitif ; il n'aura sans doute pas pu être à la hauteur de la pensée de Kant, rendant les textes produits difficiles à lire.

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